Barbizon, ça bouge ! Charles Sankaré… à la Galerie ARTES

Jean-Charles Sankaré 1.jpegDésormais, la Galerie Artes, à Barbizon ( 4 rue du 23 Août… pas loin de la pharmacie, en face du Relais ) a un nouvel artiste à demeure : Charles Sankaré…
Ne manquez pas ce regard nouveau sur les êtres et les choses…

Jean-Charles Sankaré.jpeg

« L’art n’a sûrement pas besoin de moi. Mais moi, j’ai besoin de l’art. »

« Chez un peintre, c’est l’atelier qui est intéressant. Mais il est difficile de le mon­trer, c’est intime. » Jean-Charles Sankaré s’intéresse bien plus au temps de création, à la genèse de la toile qu’au tableau fini, accroché à sa cimaise. Faute de galerie, Jean-Charles a longtemps exposé ses œuvres sur les trottoirs parisiens de Beaubourg ou Saint-Germain-des-Prés. Mais l’ambiance sombre d’après les atten­tats lui a fait prendre du recul sur la rue. Si le cœur n’est plus au contact direct, l’envie de peindre, elle, n’a pas été atteinte.

« L’art n’a sûrement pas besoin de moi. Mais moi, j’ai besoin de l’art, aime-t-il à répéter. Cela me fait aimer la vie. » Jean-Charles Sankaré se met à la peinture, il y a « une petite vingtaine d’années».

A l’époque, il travaille auprès d’Armand Gatti et envisage de devenir peintre­décorateur. Mais surtout, il tourne en rond dit-il et cherche « quelque chose ».

La peinture s’impose comme ce quelque chose qu’il recherche.

Jean-Charles s’y lance à corps perdu, s’ap­puyant sur une technique où se mêlent à l’envie matériaux dédiés aux arts plas­tiques et matériaux professionnels que le peintre détourne à son profit. Acrylique et fleur de chaux se fondent en une nouvelle matière, que Jean-Charles mélange, étale, gratte, creuse, créant sillons et reliefs. Il cultive son goût de l’épaisseur et déve­loppe son style propre : une peinture brute, figurative, nourrie par l’idée de la fêlure et de la déchirure.

On y devine son amour des expression­nistes, Egon Schiele en tête, autant que l’influence d’un Eugène Leroy. Mais c’est Francis Bacon qui agit sur lui « comme un catalyseur ». A l’instar de son homologue anglais, Jean-Charles affiche un intérêt plastique pour la chair qu’il voit comme le chemin à prendre pour tenter de saisir l’invisible.

Chez Sankaré, les corps sont torturés, les peaux se craquellent, les chairs sont à vif. Déliquescentes, elles semblent dévorer les corps et les visages. Des yeux, il ne reste souvent que les trous qu’éclaire parfois un maigre point blanc. Ces regards sans iris placent les êtres du côté des effarés, des médusés. La bouche quand elle existe semble incapable de délivrer la moindre parole. Seule la chair crie. La douleur serait-elle ontologique?

Sur la toile, le sujet est isolé de tout contexte d’espace ou de temps, cerné d’un trait de couleur vive qui vient le déta­cher d’un fond souvent monochrome aux tonalités fortes et dissonantes. Une forme labyrinthique vient parfois s’y inscrire et dire les différents chemins qu’un homme peut prendre, sa solitude face aux méan­dres du monde social. « Il y a un certain aveuglement dans le système. Après cha­cun prend la route qu’il veut … »

Article extrait de la revue ART TENSION, le magazine de l’Art vivant Mars-Avril 2017

About Cercle des Amis de Barbizon (225 Articles)
Le Cercle des Amis de Barbizon, association Loi 1901, a été fondée Jean-Michel Mahenc en 2016, pour réunir tous les amoureux du village des peintres de Barbizon (France, Seine-et-Marine) et d'en assurer le rayonnement artistique.

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